De lourdes conséquences pour l’enfant

Un traumatisme psychique

L’enfant abusé a subi une effraction, a été dépossédé de son corps, traité comme une chose. Il éprouve le sentiment d’être sali, et même « contaminé », donc impossible à purifier. En lui, l’estime de soi est profondément atteinte.

Il se sent envahi, ne peut plus penser à autre chose.

Pour les garçons, le fait d’avoir été caressé, pénétré, peut être vécu comme une négation de leur identité et de leur virilité. Les filles, elles, peuvent aussi craindre de ne pas pouvoir avoir d’enfants.

Selon son âge, selon les informations que l’enfant a reçues, il comprend plus ou moins bien ce qui lui arrive, ce qui est normal ou pas, ce qui est bien et ce qui est mal.

Il se sent en même temps impuissant à se protéger et coupable de ne pas avoir su dire non, de ne pas avoir pu éviter l’abus. Il a honte des sentiments contradictoires qu’il ressent : en même temps que le malaise ou la douleur, le plaisir d’avoir été choisi, et même parfois une forme de jouissance. Ce qui peut l’amener à croire qu’il s’est montré provoquant, et qu’il a donc une part de responsabilité dans ce qui s’est passé.

Lorsqu’ils arrivent à l’âge des relations amoureuses et sexuelles, les jeunes adultes qui ont subi des abus ont du mal à vivre leur sexualité de manière normale et heureuse. Même longtempssite pedoph12 après les faits, ils se sentent souillés, dévalorisés et méprisables.

Il semble que cela influence aussi parfois leurs choix sexuels ultérieurs : les garçons peuvent reproduire ce qu’ils ont vécu et devenir à leur tour agresseurs. Les filles tiennent les garçons à distance en se réfugiant dans des conduites et des comportements homosexuels, ou dans la provocation, ou encore dans la prostitution.

 

Une atteinte physique

La pénétration vaginale ou anale entraîne de réelles douleurs physiques. Elle provoque des lésions, des infections qui peuvent devenir chroniques, ou des irritations qui gênent l’enfant durablement. Cette douleur est redoublée par l’angoisse, car il ne comprend pas ce qui lui est arrivé, au contraire de l’accident ou de la maladie (où l’on explique pourquoi cela fait mal, combien de temps cela va durer, ce qui peut soulager).

Enfin les grossesses ou les infections sexuellement transmissibles ne sont pas à exclure.

La souffrance psychique engendre des troubles physiques qui, à leur tour, retentissent sur tout le développement. En particulier chez les plus petits : en l’absence de mots, c’est le corps qui se souvient, avec des troubles psychosomatiques plus importants.

Lorsqu’il y a eu fellation en particulier, les enfants et les jeunes développent souvent des maladies de gorge, des angines, des dégoûts, des vomissements répétés, des maux de ventre.